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« Les Enchevêtré·es – Bivouac sonore »/ Carte blanche à L’empreinte ; scène nationale Brive-Tulle

MARDI 17, 24 et 31 MARS 2026


L’OARA donne Carte blanche à L’empreinte – Scène nationale Brive-Tulle à la MÉCA, en écho au projet artistique et culturel résolument territorial porté par la scène nationale corrézienne.

« Les Enchevêtré·es – Bivouac sonore » conçu par Barbara et Sarah Métais-Chastanier. Artistes associée à L’empreinte, Barbara Métais-Chastanier imagine une création singulière prenant la forme d’une installation sonore immersive. « Les Enchevêtré·es » se déploiera dans la MÉCAscène du 17 au 31 mars, avec trois rendez-vous publics les 17 mars, 24 mars, et 31 mars.Ces soirées permettront de découvrir la constellation de créations sonores et musicales imaginées à partir du bivouac des enchevêtreé·es, installation scénographique composée de 7 cabanes sonores. Écrit et composé à partir de collectes et d’enregistrements issus d’une enquête déployée sur plusieurs années en Corrèze, ce dispositif explore les enchevêtrements qui composent un paysage vivant : celui des humains et des non humains qui y cohabitent. Elles débuteront par une tribune confiée respectivement à Guillaume Faburel, Guillaume Blanc et Christelle Taraud, et se poursuivront par les pièces sonores et musicales.

Au programme le mardi 17 mars : (inscription) 

  • 17h00 – Tribune avec Guillaume Faburel [Géographe] – En finir avec les métropoles, animée par Barbara Métais-Chastanier
    > Si « changer de ville pour changer la vie » était le slogan situationniste dans les années 70, ne faudrait-il pas aujourd’hui changer de vie en détruisant les métropoles ? À tout le moins en les quittant ? C’est ce à quoi nous invite Guillaume Faburel : changer ce qui fait civilisation et les formes de vie collectives qui en découlent en s’inspirant des formes autonomes, hospitalières et paysannes qui existent un peu partout autour de nous aujourd’hui
  • 19h00, 20h00 et 22h00 – Balades sonores – Le ciel nous tombe souvent sur la tête. Balade au casque. Durée 50 min. Jauge limitée. 3 départs : 19h00, 20h00 et 22h00.
    > Comment est-on passé de la ferme à la firme ? Que reste-t-il aujourd’hui des formes de vies collectives et autonomes de la petite paysannerie ? C’est cette transformation d’un territoire en usine, en hinterland métropolitain, au ras des expériences et des mémoires, qui se reconstitue au fil de cette balade sonore. Cette fiction documentaire musicale fait entendre les voix de formes de vie radicalement autres, contenues en creux dans cet ordre social qu’on nous donne comme le seul possible : un monde, plus modeste, plus économe, tourné vers le soin, vers d’autres organisations collectives, vers d’autres savoir-faire et d’autres modes de production, respectueux du sens et de tous les vivants. Expérience immersive et en mouvement, elle ouvre une oreille sur cet autre monde, bien décidé à tenir tête à la fabrique du désespoir et à la dynamique répressive qui l’encadre, depuis les bûchers des sorcières jusqu’aux nouvelles formes de criminalisation des luttes populaires et écologistes.
  • 21h00 – « Fonction pulvérisation », performance sonore et musicale immersive. Interprétée en live par Sarah Métais-Chastanier. Durée : 45 min.
    > Fonction pulvérisation mêle performance vocale live, paysages sonores et hybridation hypnotique des matières récoltées au fil des marches-enquêtes. Celle-ci permet une double expérience en espace sphérique et/ou au casque mixée en binaural. Jouant de la figuration et de la défiguration, du familier devenu méconnaissable, la dramaturgie se construit entre rituel et documentaire, entre montage dialectique et parole quotidienne. Celle-ci nous invite à explorer, à travers la matérialité du son et de la voix, la transformation des milieux forestiers en plantation et les chaînes de valeur qui découlent de la mise au travail de la nature et du recours à la main d’œuvre immigrée : comment passe-t-on du geste du bûcheron au commerce international de la palette ? Du temps des forêts à celui de l’abatteuse ?

Au programme le mardi 24 mars : (inscription)

  • 17h00 – Tribune avec Guillaume Blanc [Historien] – L’Écologie comme technique de colonisation animée par Barbara Métais-Chastanier.
    > Le fantasme d’une nature vierge, sauvage, atemporelle et celui d’une Afrique intouchée, originelle et donc évidement débarrassée de ses habitant·es, se sont longtemps superposés dans l’imaginaire impérialiste et blanc, permettant de justifier une dynamique impériale et coloniale et d’en renouveler les techniques, une fois les indépendances passées. En suivant l’histoire de la nature et de sa protection envisagée comme technique de colonisation, nous verrons avec Guillaume Blanc comment le programme colonial s’exprime toujours sur les humains mais aussi par l’organisation et l’exploitation de la nature. Car oui, le tourisme est bien une forme d’extractivisme et la naturalisation un prétexte commode à l’expulsion des populations.
  • 19h00 – L’empreinte de Pierre Bergounioux, lecture musicale par Babx et Julien Lefèvre
    > Un duo piano violoncelle pour une lecture musicale de L’empreinte de Pierre Bergounioux qui fait le récit de cette autre empreinte, celle du Limousin, de ses paysages et de ses contours. Une terre où le temps des pierres s’emmêle dans celui des hommes et où ils se répondent.
  • 20h00 et 21h00 – Balades sonores – Le ciel nous tombe souvent sur la tête, balade au casque. Durée 50 min. Jauge limitée. 2 départs : 20h00 et 21h00. (infos ci-dessus).

Au programme le mardi 31 mars : (inscription)

  • 17h00 – Tribune avec Christelle Taraud [Historienne] – Le féminicide des sorcières d’hier à aujourd’hui animée par Barbara Métais Chastanier.
    > Celles qu’on appelait sorcières étaient en réalité les victimes d’une persécution misogyne et d’un crime de masse nommé aujourd’hui féminicide. C’est le fil de cette contre-histoire des crimes systémiques que nous suivrons avec Christelle Taraud en remontant les mémoires d’histoires singulières depuis la Norvège du XVIIe siècle jusqu’à aujourd’hui. Dans la longue trame du temps qui se dessine entre 1620 et 2022, d’autres territoires (Irak, Mexique, Canada, Ghana, Rwanda, Cambodge…) ayant connu des épisodes féminicidaires paroxystiques sont convoqués. Une démonstration aussi que l’histoire des violences extrêmes suppose pour y mettre fin non seulement un travail d’élaboration, d’invention formelle, mais aussi de sororité.
  • 19h00 – « Le Choeur des habitant·es », performance théâtrale et musicale par les étudiant·es du Master en Études théâtrales de l’Université Bordeaux-Montaigne. Durée : 45 mn.
    > Le Chœur des habitant·es est une performance participative impliquant les étudiant·es du Master en Études théâtrales de l’Université Bordeaux-Montaigne dans une reconstitution spécialement préparée pour la carte blanche à l’OARA. Cette performance fait le récit des trois années d’enquête passées à arpenter la Corrèze, pour comprendre les paysages et les infrastructures matérielles qui les conditionnent. Elle permet de retraverser les marches, la compréhension progressive de la mise en ressource des milieux, les villages – Neuvic, Peyrelevade, Meymac, Voutezac – et les chœurs d’habitant·es qui s’y sont collectivement écrits.
  • Suivi d’un repas partagé et d’un DJ set par Sarah Métais-Chastanier. Merci d’apporter un plat à partager (auberge espagnole)

Pour information, le Bivouac sonore sera en accès libre les mercredis 18 et 25 mars, sans réservation, de 14h00 à 18h00 à la MÉCA.